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Pour la route

Un projet de Tomas Bozzato et Laetitia Cuvelier

Pour la route est un outil de rencontre animé par Laetitia Cuvelier et Tomas Bozzato, qui comprend une table, une chaise vide, ainsi que deux appareils d’un autre âge : une machine à écrire et une Afghan-box. L’Afghan-box utilisée par Tomas Bozzato est tout à la fois une chambre grand format et un laboratoire argentique de rue. Elle permet de photographier une personne et de produire un petit tirage argentique noir et blanc, à lui offrir, ainsi qu’un négatif que nous gardons. Avec une afghan-box, tout prend du temps : chaque photographie et son tirage demandent une quinzaine de minutes de travail. Laetitia Cuvelier glisse dans sa machine à écrire la photo tout juste développée. Sur l’envers du tirage, elle écrit sur le vif un fragment, un poème instantané… pour la route. Les personnes photographiées repartent avec ce petit objet hybride, parfois plié à la va vite dans leur porte-monnaie, parfois rangé précieusement au fond du sac, souvenir d’un rencontre, d’un moment partagé avec des inconnus, reflet de soi…

L ’artisanat du procédé et sa temporalité d’un autre âge sont l’occasion de ralentir, de discuter, de nous faire une place et de rencontrer celles et ceux qui sont dans le lieu choisi. Le fait d’offrir un tirage unique avec un texte inédit au dos, notre habitude des rencontres, ainsi que la sympathie que ce dispositif crée autour de lui, font que souvent, nous n’avons pas encore terminé de nous installer, que plusieurs personnes sont déjà curieuses de notre proposition.

Pour la route est un dispositif que nous commençons à peine à expérimenter : Laetitia Cuvelier a pratiqué une première fois cette poésie de proximité en juillet 2020 à Briançon, lors d’une résidence d’artistes soutenue par la Drac et l’appel à projet Rouvrir le monde. Tomas Bozzato a réalisé une première séance de portraits avec l’Afghan box au Refuge Solidaire de Briançon, au mois d’octobre 2020 lors du Festival de cinéma Exils, filmer l’histoire au présent. Nous avons réuni les deux dispositifs pour la première fois à lami-janvier au Refuge Solidaire de Briançon, lieu d’accueil inconditionnel des exilés qui viennent de passer la traverser la frontière franco-italienne. Une autre série de portraits-poèmes aura lieu en mars, encore une fois au Refuge Solidaire.

Après le moment de la performance, nous montrerons ce travail sous la forme d’une exposition textes et photos. Nous travaillons à une performance cumulative : à chaque fois que nous serons invités à exposer ce projet, nous installerons le dispositif Pour la route, dans le territoire du lieu d’exposition, dans des espaces propices aux rencontres : marchés, piscines découvertes, boulodromes, places publiques…

L’exposition qui suivra chaque performance montrera d’une part les fragments récoltés dans ce territoire mais aussi que des fragments d’ailleurs, comme une humanité qui se déplace, entre des personnes et des lieux. 

En cette période singulière, il nous semble essentiel de revenir à des gestes simples : remettre nos corps dans l’espace public, aller à la rencontre d’inconnu-e-s, mettre en jeu notre savoir-faire, positionner l’art au centre d’un moment partagé, produire une œuvre et l’offrir…